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Vernet-les-bains
Association Village-Arboretum Association de Protection de l’Environnement Agrément Préfectoral N° 3944/2005 du 19 Octobre 2005
Plantes médicinales et Magie Cueillir une fleur, une plante est toujours source d’émotion, esthétique, olfactive… ‘’thérapeutique ‘’ ? A ce moment-là, le cueilleur de base, ne pense pas qu’il la détruit pour l’inclure dans un bouquet éphémère, et qu’elle a mis des mois, voire des années, à être aussi attirante. Il ne songe qu’à s’approprier ce chef-d’œuvre de la nature qui finira à la poubelle ou mieux dans un composteur à terreau, ou pire, abandonné à côté de la voiture, au moment de rentrer de balade comme on voit cela, trop souvent hélas, à Marialles par exemple. Bien sûr, il y a aussi le botaniste, l’herboriste, le phytothérapeute… qui eux ne cueillent qu’à bon escient, c’est-à-dire quand c’est possible ou nécessaire. Mais il n’en fut pas toujours ainsi. On considérait en effet, autrefois, que tous les êtres vivants étaient sous l’influence permanente du Cosmos, donc, à prendre en considération. Les plantes étaient couplées avec certaines planètes ou étoiles, d’où leur cueillette, de préférence à des jours ou des périodes précises du Zodiaque. On disait que le Frêne (Fraxinus ornus), coupé lorsque le soleil « entre dans le signe du Taureau », avait alors la propriété de guérir ‘’les plaies et ulcères en estant touchez . Il serve aussi aux flux de sang ‘’. On devait, en 1716 « cueillir les bayes (baies) de Genévrier (Juniperus) quand le soleil entre dans le signe de la Vierge » (fin août) (c’est pourtant un mois avant leur maturité ???). En général on cueillait en lune croissante, mais pas toujours, la Rue par exemple (Ruta gravoeleus), ‘’ l’herba de les falses cotxes ‘’ en Catalogne Nord (lire : l’erbe de loess falsess coutchess). Dans certaines régions elle était cueillie en lune décroissante pour soigner les maux de gorge, et en lune croissante pour les pratiques abortives. Il est enfin connu que les herboristes ne cueillent pas toutes les plantes à la même heure, pour garder à chacune son efficacité maximale (concentration des principes actifs différente selon les heures de la journées). A la saint Jean par exemple, la fête du solstice d’été (21 juin) récupéré par la Chrétienté, on cueillait le Millepertuis (hypericum), notre ‘’perico ‘’ le 24 juin à midi, c'est à dire au maximum des ‘’ forces de lumière ‘’. Cette plante était considérée comme du soleil en barre dirait-on aujourd’hui (d’ailleurs, les gens qui prennent du millepertuis, sédatif léger, risquent des brûlures de la peau s’ils s’exposent au soleil trop abondamment tellement cette plante ‘’pompe‘’ le rayonnement). L’huile de millepertuis, de couleur rouge, obtenue par macération des sommités fraîches, au soleil dans l’huile d’olive, est un remède spécifique des brûlures : anti-inflammatoire et cicatrisant. C’est au moment du solstice d’été également, c’est à dire au moment où l’influence solaire est maximale, qu’on cueille depuis toujours l’Armoise (Artemisia, de Artémis (Diane) reine des bois), la Verveine (Verbena, plante sacrée), l’Achillée (Achillea, de Achille l’invulnérable), la Sauge (Salvia du latin salvare = sauver), le Serpolet (Thymus serpyllum : le Thym servait à embaumer chez les Égyptiens). La cueillette était un culte entouré de secrets, l’herboriste, le ‘’ prêtre ‘’de ce culte, respectueux et allié de ces êtres végétaux forces de guérison. Aussi obéissait-il à une éthique de vie, et respectait-il un rituel purificateur. Jeûne, abstinence, ablutions, vêtements blancs, usage de métaux précieux, argent et or (qui étaient censés, par leur noblesse, ne pas altérer les propriétés de la plante). Puis on utilisa tout simplement la main… droite de préférence. Autres rites magiques : ? approcher à reculons du végétal pour le surprendre quand il faut déjouer son effet néfaste (et oui, il n’y a pas que de ‘’ bons ’’ végétaux) ou écarter le Diable. Car, au fil des siècles, le Cosmos a été remplacé par les religions… ? tracer un cercle magique avec une baguette de noisetier (Coudrier) ou un couteau, ou le pouce de la main fermée, pour se protéger : le cueilleur et la plante. ? parler à la plante : s’excuser de l’arracher, lui donner sa destination thérapeutique… Aujourd’hui, tous ces rites ont à peu près disparu et s’ils nous paraissent absurdes ou sans efficacité, disons-nous cependant : ? qu’ils ont perduré pendant des siècles ce qui leur donnait une raison d’être (ésotérico-sociale ? Rite de caste ?...) ? que, en général, ils proviennent de savoirs très anciens qui ont été déformés, dégradés en superstitions. Qui sait ce que, dans 2, 3, 4 ou 5000 ans (si nous existons encore) nos descendants penseront de notre ignorance au XXème siècle ? Et n’oublions pas, nous qui avons toujours tendance à nous croire plus malins que les anciens, que (lu dans la presse locale il n’y a pas si longtemps) certains, aveuglés par des textes obsolètes, pensent encore que la Terre a 5000 ans d’âge, que ‘’ Dieu ‘’ a fait l’Univers en 7 jours, et que le Grand Canyon du Colorado s’est creusé au moment du Déluge après rupture d’un barrage (naturel j’espère)… A suivre dans le prochain numéro… Martin Goze
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Agrément Préfectoral N° 3944/2005 du 19 Octobre 2005
Plantes médicinales et Magie
Cueillir une fleur, une plante est toujours source d’émotion, esthétique, olfactive… ‘’thérapeutique ‘’ ?
A ce moment-là, le cueilleur de base, ne pense pas qu’il la détruit pour l’inclure dans un bouquet éphémère, et qu’elle a mis des mois, voire des années, à être aussi attirante. Il ne songe qu’à s’approprier ce chef-d’œuvre de la nature qui finira à la poubelle ou mieux dans un composteur à terreau, ou pire, abandonné à côté de la voiture, au moment de rentrer de balade comme on voit cela, trop souvent hélas, à Marialles par exemple.
Bien sûr, il y a aussi le botaniste, l’herboriste, le phytothérapeute… qui eux ne cueillent qu’à bon escient, c’est-à-dire quand c’est possible ou nécessaire.
Mais il n’en fut pas toujours ainsi.
On considérait en effet, autrefois, que tous les êtres vivants étaient sous l’influence permanente du Cosmos, donc, à prendre en considération.
Les plantes étaient couplées avec certaines planètes ou étoiles, d’où leur cueillette, de préférence à des jours ou des périodes précises du Zodiaque.
On disait que le Frêne (Fraxinus ornus), coupé lorsque le soleil « entre dans le signe du Taureau », avait alors la propriété de guérir ‘’les plaies et ulcères en estant touchez . Il serve aussi aux flux de sang ‘’.
On devait, en 1716 « cueillir les bayes (baies) de Genévrier (Juniperus) quand le soleil entre dans le signe de la Vierge » (fin août) (c’est pourtant un mois avant leur maturité ???).
En général on cueillait en lune croissante, mais pas toujours, la Rue par exemple (Ruta gravoeleus), ‘’ l’herba de les falses cotxes ‘’ en Catalogne Nord (lire : l’erbe de loess falsess coutchess). Dans certaines régions elle était cueillie en lune décroissante pour soigner les maux de gorge, et en lune croissante pour les pratiques abortives.
Il est enfin connu que les herboristes ne cueillent pas toutes les plantes à la même heure, pour garder à chacune son efficacité maximale (concentration des principes actifs différente selon les heures de la journées).
A la saint Jean par exemple, la fête du solstice d’été (21 juin) récupéré par la Chrétienté, on cueillait le Millepertuis (hypericum), notre ‘’perico ‘’ le 24 juin à midi, c'est à dire au maximum des ‘’ forces de lumière ‘’. Cette plante était considérée comme du soleil en barre dirait-on aujourd’hui (d’ailleurs, les gens qui prennent du millepertuis, sédatif léger, risquent des brûlures de la peau s’ils s’exposent au soleil trop abondamment tellement cette plante ‘’pompe‘’ le rayonnement).
L’huile de millepertuis, de couleur rouge, obtenue par macération des sommités fraîches, au soleil dans l’huile d’olive, est un remède spécifique des brûlures : anti-inflammatoire et cicatrisant.
C’est au moment du solstice d’été également, c’est à dire au moment où l’influence solaire est maximale, qu’on cueille depuis toujours l’Armoise (Artemisia, de Artémis (Diane) reine des bois), la Verveine (Verbena, plante sacrée), l’Achillée (Achillea, de Achille l’invulnérable), la Sauge (Salvia du latin salvare = sauver), le Serpolet (Thymus serpyllum : le Thym servait à embaumer chez les Égyptiens).
La cueillette était un culte entouré de secrets, l’herboriste, le ‘’ prêtre ‘’de ce culte, respectueux et allié de ces êtres végétaux forces de guérison. Aussi obéissait-il à une éthique de vie, et respectait-il un rituel purificateur.
Jeûne, abstinence, ablutions, vêtements blancs, usage de métaux précieux, argent et or (qui étaient censés, par leur noblesse, ne pas altérer les propriétés de la plante).
Puis on utilisa tout simplement la main… droite de préférence.
Autres rites magiques :
? approcher à reculons du végétal pour le surprendre quand il faut déjouer son effet néfaste (et oui, il n’y a pas que de ‘’ bons ’’ végétaux) ou écarter le Diable.
Car, au fil des siècles, le Cosmos a été remplacé par les religions…
? tracer un cercle magique avec une baguette de noisetier (Coudrier) ou un couteau, ou le pouce de la main fermée, pour se protéger : le cueilleur et la plante.
? parler à la plante : s’excuser de l’arracher, lui donner sa destination thérapeutique…
Aujourd’hui, tous ces rites ont à peu près disparu et s’ils nous paraissent absurdes ou sans efficacité, disons-nous cependant :
? qu’ils ont perduré pendant des siècles ce qui leur donnait une raison d’être (ésotérico-sociale ? Rite de caste ?...)
? que, en général, ils proviennent de savoirs très anciens qui ont été déformés, dégradés en superstitions.
Qui sait ce que, dans 2, 3, 4 ou 5000 ans (si nous existons encore) nos descendants penseront de notre ignorance au XXème siècle ?
Et n’oublions pas, nous qui avons toujours tendance à nous croire plus malins que les anciens, que (lu dans la presse locale il n’y a pas si longtemps) certains, aveuglés par des textes obsolètes, pensent encore que la Terre a 5000 ans d’âge, que ‘’ Dieu ‘’ a fait l’Univers en 7 jours, et que le Grand Canyon du Colorado s’est creusé au moment du Déluge après rupture d’un barrage (naturel j’espère)…
A suivre dans le prochain numéro… Martin Goze
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